M. David Appia dans Forbes Croatie

Interview avec le directeur de l’agence française pour les investissements (Forbes, janvier 2011, écrit par Nikolina Šajn).

LA FORMULE FRANÇAISE

M. David Appia, directeur de l’agence française pour les investissements : « Il est plus plausible que quelqu’un investisse dans un pays où le gouvernement montre la capacité de se préoccuper de l’avenir. »

Ces dernières années, l’AFII a ouvert des représentations répondant aux attentes des chefs d’entreprises– dans les économies en expansion.

Alors que la Croatie en est à découvrir la formule pour promouvoir les investissements étrangers – en commençant par créer une agence pour la dissoudre ensuite, puis en lançant un appel de candidatures pour cinq postes d’attachés commerciaux qui seront envoyés vers des destinations que le patronat croate (HUP) juge totalement erronées, - l’agence française pour les investissements a ouvert ces dernières années des représentations justement là où les chefs d’entreprises le souhaitaient – c’est à dire où les économies sont en plein développement – à Abu Dhabi, en Amérique Latine, à Singapour, à Sao Polo, en Turquie, à Hong Kong, en Russie, dans le Golfe persique.

M. David Appia, Ambassadeur de France pour les investissement internationaux et directeur de l’agence française pour les investissements internationaux (Invest in France Agency (IFA) - explique : « NOUS avons dû adapter notre présence aux nouvelles circonstances, même si cela n’apportait pas tout de suite de nouveaux investissements. Nous devions être présents et établir des contacts. Quand nous avons ouvert une représentation à Shanghai, il y a eu peu d’investissements les premières années, 2004-2005, mais maintenant nous sommes satisfaits. »

- L’Agence a été créée en 2010 et elle compte aujourd’hui 160 employés, dont 60 travaillent à Paris et 24 autres dans des représentations à l’étranger, essentiellement en Europe, mais aussi dans le reste du monde, notamment dans les grandes puissances naissantes. Elle ne s’intéresse qu’aux investissements qui créent des emplois ou permettent de sauver des entreprises au bord de l’effondrement.

L’Agence propose aux investisseurs étrangers de les aider à maîtriser la législation et la bureaucratie, à trouver les meilleurs endroits et des partenaires français, tels banques, experts comptables, maisons d’audit. Elle les aide à découvrir si leurs investissements peuvent être financés par le Budget de l’Etat, les met en relation avec des agents des ministères et des collectivités locales.

Elle conseille également le gouvernement. Quand l’ancienne Agence croate pour la promotion des investissements étrangers élabora des conseils pour notre gouvernement, elle fut aussitôt dissoute. Quand l’AFII définit 15 mesures par lesquelles la France pourrait devenir intéressante pour les investisseurs étrangers, ces mesures furent discutées par le cabinet du Premier ministre qui examina si les écoles internationales pour les enfants de directeurs étaient en nombre suffisant, quelle était la difficulté pour des chefs d’entreprise étrangers de trouver un appartement ou obtenir un visa, une autorisation de travail ou un permis de conduire. Le gouvernement accepta que les directeurs étrangers soient dispensés des versements de l’assurance retraite pendant les trois premières années de leur séjour, avec prorogation possible sur trois ans supplémentaires, après qu’ils aient fait remarquer que c’était de l’argent qu’ils ne récupèreraient pas s’ils quittaient la France après quelques années. Ces derniers ont aussi demandé à être dispensés de versements à la sécurité sociale ; leur proposition est encore à l’étude mais pourrait être acceptée pour ceux qui peuvent prouver déjà effectuer de tels versements dans le pays d’où ils viennent.

M. Appia souligne : « QUAND nous proposons une amélioration, notre proposition est prise en compte si le Budget de l’Etat le permet. »

Il semble que cette approche fonctionne. Par exemple, pendant que les investissements directs ont chuté globalement de 33% dans l’UE en raison de la crise (et parfois de 50% comme en Grande Bretagne), ils n’ont diminué que de 4% en France. L’AFII se félicite que les investisseurs étrangers aient lancé en France 620 projets, au cours des années 2007, 2008 et 2009, créant pendant ces trois ans 30.000 emplois. Les investissements étrangers sont importants dans ce pays comme le montre le fait que 24.000 compagnies étrangères y sont actuellement actives, employant 2,5 millions de personnes, représentant 20% du secteur de recherche et développement et 40 % des exportations françaises.

Comme au début de la crise, la France n’était pas très endettée, l’Etat a pu emprunter aux banques (début 2008) et décider (l’an dernier) d’aider l’économie. Le paquet d’aides s’est concentré sur les investissements et c’est ainsi que fin 2009, les autorités ont décidé que l’Etat consacrera 35 MM€ à aider 5 domaine publics importants : universités, recherches scientifiques et technologiques, écotechnologies, industries stratégiques (aéronautique, transport, automobile et économie numérique)./.

Dernière modification : 09/01/2012

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