70 ans après la fin de la Seconde Guerre mondiale, les politiques mémorielles en France [hr]

70 ans après la fin du conflit, les commémorations de la Seconde Guerre mondiale constituent toujours un enjeu de politique publique en Europe et marquent les débats publics.

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L’éminent historien français Henry Rousso* a d’abord travaillé sur l’histoire de la Seconde Guerre mondiale et de l’après-guerre, en particulier sur le régime de Vichy et l’épuration. Il s’est orienté ensuite vers l’histoire de la mémoire collective et des usages du passé, un champ qu’il a lui-même contribué à créer.

Henry Rousso était à Zagreb, les 14 et 15 mai, dans le cadre de la formation post universitaire d’études diplomatiques. Il y a donné une conférence sur la "Mondialisation de la mémoire". Il a participé également à l’émission d’histoire contemporaine de la HRT3 animée par l’historien M. Tvrtko Jakovina pour y évoquer « La France et Vichy ».

Le jeudi 14 mai à 18 heures, Henry Rousso a prononcé une conférence à la Médiathèque de l’Institut Français (Preradovićeva 5, Zagreb) sur le thème : « 70 ans après la fin de la Seconde Guerre mondiale, les politiques mémorielles en France ». La conférence sera donnée en anglais.

« Nous sommes, qu’on le veuille ou non, encore des traumatisés des deux guerres, malgré la disparition des témoins directs. Nous sommes encore, collectivement, des traumatisés de la Shoah, y compris les bouffons qui s’en moquent au quotidien sans comprendre le sens de cette obsession qui les dévore. Nous sommes surtout, à force de nous faire peur avec l’histoire des années trente ou des années quarante, incapables d’analyser notre présent et notre futur pour ce qu’ils sont, et ce pour quoi ils nous obligent, c’est-à-dire des chemins à tracer, des solutions à inventer, des peurs à surmonter devant un avenir qui n’est écrit nulle part et certainement pas dans le passé. Les hommes et femmes des années trente subirent une autre catastrophe non pour ne l’avoir pas anticipée mais pour avoir été trop prisonniers de leur passé. »
Henry Rousso, « Les fantastiques années trente », Huffington post, 6 fevrier 2014

Henry Rousso* est chercheur au Centre national de la recherche scientifique (CNRS), membre de l’Institut d’histoire du temps présent (IHTP, Paris), qu’il a dirigé de 1994 à 2005. Il coordonne le Réseau européen pour l’histoire contemporaine (EURHISTXX), parrainé par le CNRS et une douzaine d’autres institutions européennes et Universités. Ses travaux portent sur l’histoire et la mémoire du passé traumatique, en particulier la Seconde Guerre mondiale. Il était parmi les premiers historiens à avoir travaillé sur l’histoire de la mémoire collective, dans le milieu des années 1980. Ses principaux ouvrages : Le Syndrome de Vichy. Histoire et Mémoire en France depuis 1944 (Paris : 1987, Cambridge : 1991) ; Vichy, Un passé toujours présent, avec E. Conan (Paris : 1994, Hanovre : 1998) ;La hantise du passé. Histoire, mémoire, et Justice en France (Paris : 1998, Philadelphie, 2002) ; Stalinisme et nazisme (Ed.) (Bruxelles : 1999, Lincoln, 2004) ; Vichy. L’Événement, la mémoire, l’histoire (Paris : 2001) ; Le dossier Lyon III. Le racisme et le négationnisme à l’université Jean-Moulin (Paris : 2004) ; Le Régime de Vichy (Paris 2007, Munich, 2009) ; Juger Eichmann, Jérusalem, 1961 (Paris, 2011). Il travaille depuis quelques années sur l’écriture de l’histoire contemporaine, et l’un de ses derniers livres « La dernière catastrophe »( Paris, 2012) fournit à la fois une perspective à long terme et une analyse de la contemporanéité de notre régime actuel de l’historicité. Dans le cadre du programme d’études sur l’antisémitisme de l’Université de Yale (EU), il a tenu deux séminaires "Judging the Holocaust" " et "The Holocaust in France.".

Dernière modification : 02/06/2015

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